Légendes...

Légendes...






la forêt de Brocéliande...
lieu où commencent tous les mythes bretons...

# Enviado el sábado 20 de noviembre de 2004 12:07

Modificado el sábado 05 de septiembre de 2009 06:39

Une histoire (vraie?)

Une histoire (vraie?)
L'histoire débute le jour où, le grand-père de Marie, libraire de son état, décide qu'il n'a plus la force de s'occuper de sa boutique. Il est somme toute serein car Marie, qui va le remplacer, a développé cette même passion pour les livres, grâce à lui en partie.

Mais, une ombre efface son sourire alors qu'il observe sa petite fille qui, rayonnante de bonheur, découvre son nouveau royaume. Il se décide enfin à lui confier ce qu'il estime être un lourd fardeau: "Mon enfant", dit-il, "Ta joie me fait chaud au coeur, mais j'ai quelque chose de grave à te révéler."

Devant le regard soudain perplexe de Marie, il continue: "Tu vois, cette boutique, ça a été mon morceau de bonheur à moi dans ma vie. Mais il faut pourtant que tu saches que la nuit il s'y passe d'étranges choses." Il continua son récit pour en arriver à la fatale conclusion: "Je crois la boutique hantée!..."

Marie, qui aime trop son grand-père pour se moquer de lui, lui assure du plus sérieux qu'elle peut qu'elle gardera la situation bien en main et qu'elle saura, le cas échéant, tenir tête à une bande d'ectoplasmes férus de littérature. Le lendemain, arrivant tôt à la boutique, Marie trouve qu'il y règne un désordre indescriptible. Elle en reste sans voix.

Marie n'est pas superstitieuse et ne croit pas aux sortilèges. Aussi, tout en remettant de l'ordre, elle décide d'en avoir le coeur net et, la journée finie, elle s'enferme à double tour dans sa boutique. Les heures s'égrènent, au clocher voisin, désespérément monotones quand, passés les douze coups de minuit, un léger bruit la tire brusquement de la douce somnolence dans laquelle elle avait peu à peu sombré. Levant lentement les yeux, elle découvre, ahurie, juché sur l'encrier du comptoir, un être minuscule à la barbe immense, râlant et pestant, le nez plongé dans un manuscrit.

Tout à coup, le petit homme jette au loin le livre et se met à sauter en tout sens, grimpant sur les rayonnages en faisant tomber quantité de livres. Tout à son désarroi devant cette apparition insensée, la folle attitude du lutin la surprend encore davantage. Quand aux premières lueurs de l'aube, le chant du coq se fait entendre dans le lointain, le Korrigan se faufile dans son trou de souris et disparaît.

Encore sous le coup de la surprise, elle se met machinalement le fatras de livres. Tout au long de la journée, elle songe à l'extraordinaire aventure qu'elle vient de vivre et soudain, comme l'après-midi touche à sa fin, une idée lui vient "....Et si? ..." Elle ouvre un des tiroirs où elle a fourré tout le bric-à-brac de son grand-père et sort le fruit de ses recherches: un vieux monocle, oublié là par un client distrait.

"Et si c'était simplement cela?..."se dit-elle.

Le soir venu, elle met le monocle bien en évidence sur le comptoir et se cache à nouveau. Quand minuit sonna à la vieille horloge, notre petit bougre jaillit de son trou et grimpa sur le bureau. Curieux comme tout lutin qui se respecte, il observe le monocle, le tourne et le retourne et regardant au travers découvre, éberlué, le grossissement des lettres d'une enveloppe posée là. Pris soudain d'une joie folle, il bondit en tout sens. De sa cachette Marie sourit: "C'était bien cela, à force d'avoir le nez plongé dans les livres, le pauvre Korrigan était devenu incapable de lire quoi ce soit, l'âge y étant sans doute pour beaucoup, ce qui le mettait dans une rage folle."

De ce jour, la librairie brilla comme un sou neuf, rangée à la perfection, les livres époussetés, les bois des bibliothèques bien cirés. Un sourire venait souvent aux lèvres de sa libraire à l'idée des efforts que le lutin déployait pour la remercier. Mais si elle n'en parla jamais à son grand-père, cela nul ne le sait.



Texte: Patrick Jézéquel

Illustration: Pascal Moguérou

# Enviado el sábado 20 de noviembre de 2004 12:13

Modificado el martes 12 de julio de 2005 12:54

mythe ou réalité?

mythe ou réalité?
Louis Rossignol aurais vu il y a quelques années, des fées.
Il raconta son histoire dans son journal. Mais lorsque sa soeur le lu, il perdit la raison.
On ne sait pas se qu'il est devenu...

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Lundi 4 août 1928, Louis Rossignol rentre chez lui en passant par une petite route de campagne. Le temps est mauvais et un orage se déclenche. Il ne voit pas d'autre abris qu'un vieux chêne. C'est alors qu'il remarque dans un champs en contrebas de petites lueurs. Intimidé, mais curieux, il s'approche. Il se rend compte que se sont des fées, de petites femmes avec des ailes, qui irradient une lumière bleue. Après quelques minutes de panique réciproque, les fées lui parlent. Elles lui promettent de le revoir à condition qu'il ne raconte à personne qu'il les a vu. Elles en profitent pour lui donner un mystérieux pendentif sensé lui apporter santé, chance et félicité. Louis Rossignol rentre chez lui où il vit avec sa s½ur et son beau-frère. Sa s½ur en voulant laver ses vêtements découvre le pendentif et cherche à savoir d'où il provient, mais Louis élude la question.
Cette nuit là il est malade. Le lendemain, il ne peut aller essayer les vertus soi-disant magiques du porte-bonheur à la fête du village. Il se repose toute la journée. Il attend trois jours, mais les fées ne se manifestent pas. Le vendredi 8 août, il est réveillé en pleine nuit par une fée qui l'invite à le suivre. Ils traversent les bois et finissent dans un endroit que Louis surnomme la mare aux fées. Il assiste alors à un spectacle magnifique. Les fées dansent dans les premières lueurs du soleil , qui selon Louis, serviraient de portes pour accéder au royaume de faérie. Il fait la connaissance d'une fée qui s'appelle Maerope. Elle lui explique que les fées lui montrent cela, parce qu'elles ont confiance en lui. Autrefois Louis aurait sauvé l'une d'elle. Mais il ne doit surtout pas trahir cette confiance sous peine de finir fou. Louis ne comprend pas ce qu'elle veut dire. De retour à la maison, sa s½ur cherche à savoir où il était passé. Louis continue à ne pas répondre, ce qui énerve profondément cette dernière. Les jours qui suivent il dort mal et est très fatigué. Son entourage s'inquiète. Puis il va mieux. Il décide alors, appelé par un force irrésistible, de se rendre à vélo aux Roches de Mazuras, distantes d'une vingtaine de kilomètres de la maison (ce qui vu son âge semble impossible, mais il va y arriver). Il retrouve Maerope qui lui raconte qu'autrefois il a sauvé une fée des griffes d'un chat. Elles ont réussi a remplacer dans son esprit la vision de la fée par celle d'un oiseau, événement que Louis avait oublié. Puis une conversation intense s'instaure. Louis s'endort. Quand il se réveille, il est seul. Il rentre épuisé. Il s'endort. Le lendemain, il découvre que sa s½ur a lu le journal. Tout le village est au courant. Il rentre, laisse un dernier message sur son journal : je dois les prévenir
Ainsi se termine le journal.
On ne retrouvera jamais Louis Rossignol."

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pour en savoir plus

# Enviado el sábado 20 de noviembre de 2004 12:29

Modificado el martes 12 de julio de 2005 14:34

le triskel

le triskel


Il est un symbole d'origine celtique.
Ces trois branches peuvent avoir deux significations:

-eau, air, feu (et la terre pour le centre)

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ou

-enfance, âge adulte, vieillesse

# Enviado el sábado 20 de noviembre de 2004 12:35

Modificado el sábado 05 de septiembre de 2009 06:43

le miroir aux fées

le miroir aux fées
Les sept fées du miroir aux fées

On dit qu'il y a bien longtemps sur cette terre, les plantes, les bêtes, les hommes et tous les êtres du Petit peuple (fées, orcs, korrigans, géants...) vivaient en bonne intelligence, en harmonie même.

Mais les hommes, toujours entreprenants, défrichaient sans relâche pour étendre leurs cultures ; ils creusaient la terre pour en extraire la pierre, et puis le fer pour forger leurs outils, mais aussi leurs armes.

Alors, une nuit, tout le Petit Peuple s'est réuni. Longtemps ils ont parlé, et au matin tous devaient en convenir : « Etait venu le temps des hommes ». C'est à ce moment que les géants sont partis vivre dans les plus hautes montagnes du monde. Orcs et trolls ont fui vers les plaines enneigées du nord. Les korrigans, minuscules, n'ont eu qu'à se cacher dans les terriers et bosquets. Et les fées, elles ? C'est bien souvent dans l'eau des ruisseaux, des fontaines ou des lacs qu'elles ont trouvé refuge.

Il était alors sept fées, sept s½urs toutes jeunes puisque l'aînée avait à peine 350 ans. Elles aussi ont pris leur envol en quête d'un lieu où vivre à l'abri du regard des hommes. Elles ne sont pas allées bien loin, car au c½ur de la forêt, elles ont découvert une vallée paisible, que seuls le cri des bêtes, le chant des oiseaux et le vif gargouillis du Rauco animaient. Au bout de la vallée, ce ruisseau s'évasait pour former un petit étang. C 'est là qu'elles ont décidé de se retirer, et sous les eaux de l'étang elles ont bâti leur demeure. La maison terminée, elles se sont réunies et, levant chacune leur main droite, elles ont fait le serment solennel qu'à partir de ce jour plus jamais elles ne se montreraient aux hommes, jamais.

Et c'est ce qui s'est passé. Pour ne pas être surprises par les errances d'un bûcheron ou d'un promeneur, elles restaient tout le jour au fond de l'eau ; et ce n'est qu'à la nuit venue qu'elles sortaient prendre l'air, cueillir les herbes exigées par leurs magies, et pour apprendre encore. Car chacune avait sa spécialité, sa curiosité. L'aînée étudiait le pouvoir des plantes, l'autre lisait les étoiles dans la nuit, la troisième scrutait la roche, une autre parlait des heures durant à tous les êtres visibles ou invisibles, la cinquième se plongeait dans l'infiniment petit qui est en toute chose, la sixième cherchait dans l'eau quelques traces de la mémoire du monde... La septième, la plus jeune, était si vive et si curieuse qu'elle voulait tout connaître, tout savoir. Aussi, chaque soir, elle suivait l'une ou l'autre de ses s½urs et partageait chacun de leurs secrets. C'était donc aussi la plus puissante en magie.

Longtemps, elles vécurent tranquilles dans la vallée. Cent, deux cents, trois cents... mille ans ont passé sans que jamais aucun homme ne se doute de leur présence. Mais, au bout d'un millénaire, la plus jeune des fées autrefois si vivre devenait morose. Elle ne disait plus un mot. Elle s'ennuyait : tous les jours, enfermée. Souvent pour tromper l'ennui, elle se promenait étendue sur le dos, là, juste sous la surface de l'eau, profitant ainsi des rayons du soleil. Un jour qu'elle nageait ainsi entre deux eaux, elle entendit résonner un bruit inconnu. C'était comme un pas, très lourd, mêlant au son de la corne celui du métal raclant la roche. Et cela s'était arrêté au bord de l'étang. Alors, elle a filé jusqu'à la rive ; et là, juste au-dessus d'elle, elle a vu la tête d'un cheval qui s'abreuvait. Elle sa souri. Puis son petit c½ur de fée s'est mis à battre, car là, juste au-dessus d'elle, un homme se penchait pour se rafraîchir. « Un homme ? pensa-t-elle. Mille ans qu'elle n'en avait pas croisé. » Que deviennent-ils ? Se font-ils encore la guerre ? Quelles nouvelles inventions géniales ? Qui règne sur le monde des hommes ? » Et il y a ce mystère, certaines fées prétendent : « Les hommes ont un étrange pouvoir. Ils ne sont pas magiciens, non. Et pourtant le plus humble d'entre eux peut tenir la plus puissante des fées à jamais prisonnière à ses côtés ».

Mille questions lui brûlent les lèvres... Et, bravant le serment, elle jaillit de l'onde et lui apparaît. Le jeune homme reste un moment bouche bée. Ebahi par tant de grâce et de beauté réunies, il est sous le charme. La fée, de son côté, le trouve bien de sa personne, sans doute un gentilhomme, habillé pour la chasse, il a fière allure. Tout le reste du jour elle va le questionner, parcourant avec lui toute la vallée, lui tâchant de lui répondre au mieux et toujours avec grande courtoisie. Le temps va filler et ce n'est qu'en fin d'après-midi qu'ils rejoignent l'étang. A cet instant, la jeune fée réalise : le soleil est déjà bas dans le ciel et la nuit va venir : « Tu ne dois pas rester là, va-t'en vite ! » Et le jeune homme, docile, enfourche et talonne sa monture. Le regardant partir, la fée se ravise : « Attends ! Reviens demain, même heure, même lieu ! » D'un signe de la tête il lui répond. Bien sûr qu'il sera là demain. Il n'a plus qu'elle en tête. Alors elle retourne au fond de l'étang. Il était temps. Déjà ses s½urs s'apprêtent pour la nuit. Ses s½urs s'étonnent de la voir rentrer toute guillerette, chantonnant, embrassant le front de l'une, offrant une fleur de nénuphar à une autre. Elle semble soudain pleine de joie. Fatiguée par sa longue marche, la jeune fée s'allonge un instant. Fermant les yeux pour retrouver les images de ce jour, elle s'assoupit. « Il s'est passé quelque chose » pensent ensemble les six s½urs. Aussi, elles forment le cercle et de leurs magies conjuguées, elles lisent dans l'esprit de la cadette. Et elles découvrent l'horrible vérité : « Elle a rompu le serment et, de plus, a laissé cet homme repartir vivant. Il va prévenir les siens. C'en est fini de notre tranquillité. Il nous faut agir ! » Et, reformant le cercle, elles endorment la jeune fée pour tout un jour.

Le lendemain matin, le gentilhomme est de retour. Il a mis ses plus beaux habits et n'a qu'une hâte : la revoir. Mais ce n'est pas sa belle fée qui l'accueille. Sortant de l'ombre, jaillissant de l'eau, tombant des branches basses, ce sont les six s½urs qui se jettent sur le malheureux. Cinq d'entre elles le plaquent au sol, tandis que l'aînée, de ses mains, l'étrangle, le tue. Leur sale besogne accomplie, elles s'en retournent au fond de l'eau. Ce n'est qu'à l'extrême fin du jour que la jeune fée s'éveille. Tout de suite, à la lumière, elle réalise : le temps a filé, la nuit tombe déjà, son chevalier ! Elle court, elle nage –on ne sait trop- jusqu'à la berge et découvre le corps inanimé du jeune homme. C'est d'abord grande douleur, et, pour la première fois de son existence, des larmes emplissent ses yeux. Elle se penche et tend sa main vers le beau visage quand soudain elle aperçoit les traces des doigts meurtriers sur son cou. Après la douleur vient la colère, la terrible colère des fées. « Qui a fait ça ? » Elle n'a plus qu'une idée en tête venger la mort de cet innocent. Elle interroge les arbres, les oiseaux « Sui a fait ça ? » Effrayés, ils finissent par lui dire la vérité : « Ce sont tes s½urs. Mais toi seule es coupable, tu avais promis... » Mais déjà elle n'écoute plus. « Ce sont mes s½urs... » et, les yeux pleins de haine, elle retourne dans leur demeure sous les eaux, bien décidée à accomplir sa vengeance.

Cette nuit-là, l'étang va bouillonner, la terre va trembler, tout le val va gronder du vacarme du combat des fées. Au matin, tout est calme dans la vallée. Au fond de l'étang, la jeune fée se tient débout devant ses six s½urs pétrifiées, paralysées par sa puissance. Sans aucune pitié, elle saisit sa petite serpe et, une à une, elle les égorge. Oh, ce n'est pas par cruauté, non. Elle recueille un peu du sang de chacune dedans un bol, y mêle son propre sang et quelques plants de son secret. Ensuite, elle court auprès du corps du chevalier. Entrouvrant ses lèvres, elle verse la portion sanguine dans sa gorge. La poitrine du jeune homme se gonfle, puis ses yeux s'ouvrent à la vie. Alors elle l'embrasse, de toutes ses forces, elle le serre contre son c½ur. Et elle décide d'abandonner ce lieu à jamais maudit, et d'aller vivre avec lui, femme parmi les hommes.

Et l'histoire pourrait s'arrêter là. Sans doute ils furent heureux. Sûrement, ils eurent beaucoup d'enfants. Mais là, au font de l'étang, sont six fées du Petit Peuple qui agonisent. Et de leur gorge, le sang va couler, couler, se mêlant aux eaux de l'étang qui va déborder et se répandre. Sept jours et sept nuits durant, le sang des fées, rampant tel un serpent, par delà les collines et les bois, inondant chaque village, chaque vallée sur des lieues à la ronde va marque à jamais son passage. C'est pourquoi encore aujourd'hui en Brocéliande, la roche et la terre sont rouges, pourpres du sang des six fées de ce petit étang que l'on nomme le Miroir aux Fées.


Récit des enfants de l'école de Concoret librement adapté par Xavier Lesèche

Extrait de Contes et légendes de Brocéliande - Bibliothèque Celte- Anthologie présentée par le Carrefour de Trécélien - Terre de Brume Editions

# Enviado el sábado 20 de noviembre de 2004 12:36

Modificado el martes 12 de julio de 2005 13:45

Morgane

Morgane
Il était une fois un roi qui régnait sur la Cornouailles. Il s'appelait Gorloës, seigneur de Tintagel.

D
e sa femme Ygerne il avait eu deux filles, celle qui allait devenir la femme de Loth d'Orcanie, et Morgane qui allait devenir Fée.

A la
mort de son père, Morgane fut élevée par son beau-père, Uter Pendragon. Elle fut mise très tôt aux lettres et devint habile en toutes sciences, dans les sept arts et surtout en ceux de médecine, d'astronomie, de magie et d'hydromancie enseignés par Merlin. Pour cette maîtrise en clergie l'appela-t-on Morgane la Fée.
Le t
emps passait elle grandissait. Uter était mort maintenant et Morgane avait suivi son demi frère Arthur et sa jeune épouse Guenièvre en la forteresse de Camelot. Tous les preux, dont Lancelot n'en avait que pour Guenièvre. Morgane se contentait des pâles chevaliers blessés, qu'elle recueillait sur les grèves perdues et soignait par ses sciences. Enfin un jour, le cousin de Guenièvre vint à passer au château. Guyomar était un beau et jeune chevalier. Ils parlèrent tant ensemble, qu'ils tombèrent amoureux; et plus elle le regardait et plus il l'aimait.

Pa
uvre Morgane, ce rare bonheur terrestre lui sera vite enlevé. Souvent fois en secret les amants se rejoignaient, mais un matin, la reine Guenièvre les surprit, entra en grande fureur et les sépara. Trahie, déchirée, Morgane alla dès lors la détester toute sa vie durant. Elle se retira consoler son chagrin loin du monde et des hommes, quand un autre coup au cour transforma pour toujours la Fée sage et rêveuse en Morgane vengeresse.

Elle avait depuis peu mis son am
our dans un chevalier dont elle se croyait uniquement aimée, mais il la trompait en lui préférant une autre demoiselle.

Un jo
ur, ils avaient convenu de se rencontrer au secret d'un val, le plus riant, le plus beau qu'on puisse imaginer. Morgane avertie courut à eux et les surprit comme ils se donnaient les plus tendres témoignages d'amour.

Peu s'en fallut qu'elle ne mo
urut de douleur, mais revenant à elle, elle jeta sur le val un enchantement dont la vertu était de retenir pour toujours tout chevalier qui aurait à son amie la moindre infidélité d'action ou de pensée. Le chevalier fut la première victime du charme; quand il voulut s'éloigner, il se sentit arrêté par une force invisible. Et la demoiselle se trouva enfermée dans la glace jusqu'à la ceinture, et de la ceinture à l'extrémité des cheveux dans un feu ardent.

Morgane fit
construire des maisons, une chapelle afin d'accueillir les amants parjures qui y viendrait s'emprisonner, et de sa tour ferrée gouverna les lieux. "Le Val sans retour, Val des faux amants ou Val périlleux était de grande étendue, environné de belle verdure au milieu de laquelle jaillissait une fontaine. Quand un chevalier volage par hasard s'y aventurait, aussitôt l'étau de brume l'encerclait, se resserrait et à jamais l'enfermait.

Au bout de
dix-huit années il s'en trouva deux cents à être retenus jusqu'à ce que Lancelot, le cour fidèle à Guenièvre vienne les délivrer. Alors du Val sans retour château, murailles gardien et dragons, enchantements tout disparut grâce à la vertu de Lancelot le chevalier sans reproche à l'égard de sa mie.

# Enviado el sábado 20 de noviembre de 2004 12:58

Modificado el lunes 22 de agosto de 2005 10:05